Tous les scientifiques le disent, le réchauffement de la planète aura des conséquences désastreuses sur tous les continents. Les pays riches s'en sortiront mieux, ils seront secourus par leur Etat et les compagnies d'assurances, mais les plus pauvres?

Nous l'avons vu avec Haïti, le secours est aussi l'occasion pour ceux qui s'imposent de proposer leurs services marchands, la reconstruction. Nous voudrions de l'aide généreuse sans qu'elle soit conditionnée, il n'en est rien, hier comme aujourd'hui, ni demain.

Il en va ainsi des denrées alimentaires, on nous parle de nourrir le monde pour inciter au productivisme, mais en réalité c'est un moyen d'écouler les productions céréalières, avicoles, laitières, viticoles,etc... à bas prix, en renforçant de fait les difficultés des paysans du monde qui ne peuvent vendre leurs productions locales. Ce n’est pas moral.

On n'aurait jamais imaginé n'est-ce pas, que les paysans ne puissent vivre de leur travail, et pourtant c'est le cas. Beaucoup sont devenus des travailleurs pauvres.

En FRANCE, pour la première fois depuis longtemps, toutes les filières agricoles souffrent de la crise, de la baisse des prix et des rendements (pour certaines denrées). Beaucoup de paysans mettront la clef sous la porte par indifférence des pouvoirs publics, de la société, des consommateurs. C'est un métier méconnu, un métier exigeant, un métier audacieux.

Cela nous oblige à reconsidérer l'ensemble du monde agricole, l'ensemble des filières de productions, l'agroalimentaire dans son ensemble et ses débouchés.

La grande distribution a prouvé qu'elle jouait contre les intérêts des producteurs, des transformateurs, il faut donc revoir ce système.

Au MODEM nous voulons proposer des filières courtes, inciter à consommation locale dans tous les établissements collectifs (cantines, etc..). C'est la valeur par l'exemple.

Nous voulons promouvoir l'agriculture fermière, paysanne, l'agriculture de niches de qualité, des labels, des bio, biodynamique en même temps que des productions raisonnées car il faut avoir des volumes pour le cas ou nous serions en situation de crise alimentaire ( du fait des tempêtes, grêle, inondations, sécheresse, etc...) rien n'est prévisible et personne ne consomme des mots à la place des aliments.

C'est aussi un principe de précaution.

C'est donc qu'il faut changer en expérimentant.

Nous devons changer notre manière de voir la complémentarité, nous avons besoin de diversité en toute chose. En taille et forme d'exploitations, mais aussi de la biodiversité des plantes, des filières de consommations et de productions correspondantes aux souhaits et aux débouchés lucratifs pour les producteurs, de points de ventes dont les prix sont équitables pour les producteurs et non ruineux pour les consommateurs.

Tout cela est un défi posé à l'humain.

Ce n’est pas en jouant les intérêts des uns contre les autres que nous réussirons à relever les défis du changement, enrayer la pollution des sols , des nappes phréatiques, des rivières etc...que cela se fera.

C’est pourquoi, je suis opposée à la confiscation de l’Ecologie des uns contre les autres. Le monde, la nature sont le patrimoine commun de l’humanité. Je crois que l'homme nouveau est à venir s'il accepte que l'on additionne les points de vue, les différences, c’est possible si l’on garde à l’esprit le principe de réalité. Il faut que ceux qui travaillent le sol, produisent ce que nous mangeons vivent bien de leur travail, sans cela rien ne sera possible et c'est normal. C'est possible si l'on n'instrumentalise pas les Hommes les uns contre les autres. Cela finit par nous faire honte!