Je lis l’enquête départementale forte instructive tirée du magazine « Que choisir » dont on connaît la fiabilité, pour rappeler des principes de base qui semblent faire défaut localement.

Parmi les slogans que nous entendons, je vous avoue ma sympathie pour le commerce éthique et/ ou équitable.

C'est à dire des échanges, entendez du commerce solvable, entre des producteurs et des acheteurs qui achètent plus chers des produits qui leur permettent ensuite de faire de l'affichage éthique.

Les prix de vente, du lait, du porc et du poulet vendus dans les rayons de nos supermarchés gersois se voient appliquer une marge très confortable avoisinant pour certains produits, la multiplication par 10 du prix payé aux producteurs, voire de 40% dans les supermarchés étudiés par le magazine national. Lesquels paysans, rappelons- le, sont dans une situation de crise.

Cela permet d'attester ceci: Il n'y a pas de commerce équitable sur les lieux de productions français et les bénéfices tirés du travail accompli par d'autres profitent à la grande distribution dont je ne cesse de dénoncer les excès.

Notre département a une forte population de personnes âgées, retraités pour la plupart de l’agriculture, du petit commerce et de l'artisanat qui ont des revenus les classant sous le seuil de la pauvreté.

Difficile dans ce contexte de parler de services marchands en adéquation avec les revenus de la population! Pas difficile non plus de comprendre la progression des personnes- frappant aux portes de la solidarité départementale ou / et d’associations caritatives -qui creuse le déficit de nos conseils généraux.

J'aime la liberté, notamment celle d'entreprendre et je suis consternée de voir combien notre état est sourd à ces pratiques qui volent les plus entreprenants pour donner aux possédants, amis de tous temps du pouvoir. Mais la liberté sans surveillance, c'est lâcher le loup dans la bergerie, ce n'est pas le seul exemple.

Certes on fait çà et là des procès médiatisés et on pénalise à la marge certaine des pratiques de la grande distribution, mais cela ne change rien sur le fond. Tant que l'on ne garantira pas aux paysans des revenus équitables l'on ne s'en sortira pas.

Le prix du timbre et du livre sont imposés, pourquoi n'y aurait il pas un prix national pour les produits de base? A qui cela profiterait? Aux paysans.

Je reviens à l' idée du commerce éthique ou équitable que je revendique comme une pratique locale et j'y associe le bilan carbone dont on nous parle tant en ce moment avec le rendez-vous des 130 chefs d'état à Copenhague: le G-77 (là non plus ils n'actualisent pas les chiffres!)

Le meilleur moyen de freiner ce réchauffement climatique est de consommer les produits en filières courtes chaque fois que cela est possible.

Nos produits fermiers sont dans ce cadre.

Leur bilan carbone est positif et doit bénéficier aux locaux. Leur prix doit être lié à leur coût réel de production avec une marge comparable à celle que doit avoir une entreprise viable. Il faut qu’il y ait une surveillance des prix et qu’un coefficient multiplicateur limitant les marges comme celui appliqué aux fruits et légumes soit mis en place.

Du chemin reste à faire pour que l'ensemble des filières s'associent et revendiquent ensemble des prix équitables et écologiquement compatibles avec les objectifs fixés par Kyoto et Copenhague. Tout un programme.